BIENVENUE SUR MON BLOG

BIENVENUE SUR MON BLOG



dimanche 17 janvier 2021

DANS LE MURMURE DES FEUILLES QUI DANSENT


Je découvre l’auteure Agnès LEDIG dans ce roman inattendu et surprenant, l’histoire de cinq personnages principaux, les uns dans une relation épistolaire, les autres dans un amour fraternel sans limite. Les premières pages du roman semblent très mignonnettes, presque mielleuses et l’on se demande si l’on ira au bout. On continue surtout parce qu’on s’attache à l’un des personnages (moi c’était Thomas) sans comprendre le lien entre le trio Annaëlle, Hervé, Jocelyne et la fratrie Thomas et Simon.

Ce n’est qu’à la moitié du livre que ce lien est une évidence et que les indices qui étaient glissés avant confirment le croisement des histoires.

Alors de mignonet et mielleux le roman devient bouleversant et émouvant, osons dire jusqu’aux larmes, car les cinq personnages sont cinq oiseaux blessés qui se battent pour vivre, malgré les séquelles d’un accident, malgré la routine, malgré la maladie, malgré la solitude, malgré la place que prend l’amour. Tous n’y arriveront pas, certains s’y prendront mal.



jeudi 10 décembre 2020

LE CRÉPUSCULE ET L’AUBE

Entre 997 et 1007 à l’époque où l’Angleterre est régulièrement attaquée par les Vikings, Edgar est contraint à l’exil avec sa famille après que leur village fut incendié. La normande Ragna épouse par amour un noble Anglais avant d’en découvrir sa vraie nature et le moine Aldred rêve d’une abbaye qui soit un lieu d’érudition mais l’évêque Wynstan, cynique et cruel, compte bien conserver le pouvoir avec sa famille.

Ken Follet nous conduit dans l’époque assez peu connue du haut Moyen-Âge (IVe-XIe siècle) succédant à l’antiquité, et décrit largement les modes de vie, les connaissances techniques et scientifiques, la justice, les pouvoirs et les différences entre l’Angleterre et la France aux environs de l’An Mil.

C’est un roman rythmé, les personnages de Ragna, Edgar et Aldred sont attachants, on accroche facilement à l’histoire, on a envie de savoir ce qu’il adviendra d’eux. Réaliseront-ils leurs projets où seront-ils écrasés par l’ignoble et ambitieux évêque sans scrupules ?

Hélas, la qualité de l’écriture fait les frais de ce rythme, si prenant soit-il le roman manque de style, l’auteur nous impose les pensées des personnages sans nous les laisser deviner. Dommage.

Et puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne (et se vend bien), on retrouve la recette des personnages récurrents qui ont fait le succès des « PILIERS DE LA TERRE » et de « UN MONDE SANS FIN » : L’apprenti surdoué, la femme progressiste, le moine érudit et pieux, les nobles avides de pouvoir, les chefs militaires avides de sang, le haut clergé avide de richesse et j’en passe.   

On aime ou on déteste (j’ai lu des critiques dans les deux sens), mais on apprend beaucoup.



dimanche 29 novembre 2020

SALINA, LES TROIS EXILS

Une fable de Laurent GAUDÉ est forcément un moment d’émotion intense !

C’est Malaka, le troisième fils de Salina qui raconte l’histoire de sa mère, celle qui a connu l’exil dès sa naissance, puis fut chassée deux fois. Dès l’entrée dans sa vie de femme, elle connaîtra le rejet la soumission, la colère, la vengeance et la repentance.

Laurent Gaudé, nous mène dans des contrées lointaines où seuls les justes auront la reconnaissance des esprits.  




samedi 14 novembre 2020

LEURS ENFANTS APRÈS EUX


Dans cette chronique sociale, Nicolas Mathieu, nous raconte au cours de quatre étés lorrains, de 1992 à 1998, de Nirvana à la Coupe du Monde, l’histoire de trois adolescents de 14 à 16 ans, Anthony, Hacine et Stéphanie, fils d’ouvriers, fils d’immigrés et fille des beaux quartiers où chacun se débat comme il peut pour exister dans une vallée sinistrée, Heillange dans le roman, ressemblante à Hayange dans la réalité

Trois gamins perdus, découvrant la vie, sa violence, l’avenir inexistant, le cynisme politique, l’alcool, le sexe, l’envie de réussir quelque chose dans sa vie mieux que leurs parents l’ont fait. Les trois s’y prendront différemment.

Le style direct et cru déroute parfois mais il reflète l’atmosphère perdue dans lequel vivent ses trois jeunes. Ce roman est une fresque déroutante, l’histoire de trois luttes.

 



 

« L’éducation est un grand mot, on peut le mettre dans des livres et des circulaires. En réalité, tout le monde fait ce qu’il peut. Qu’on se saigne ou qu’on s’en foute, le résultat recèle sa part de mystère. »

« La climatisation tempérait les humeurs. Bippers et téléphones éloignaient les comparses, réfrigéraient les liens. Des solidarités centenaires se dissolvaient dans le grand bain des forces concurrentielles. Partout de nouveaux petits jobs ingrats, mal payés, de courbettes et d’acquiescement, se substituaient aux éreintements d’autrefois. Les productions ne faisaient plus sens. On parlait de relationnel, de qualité de service, de stratégie de com, de satisfaction client. »

« A force de bûcher, de drôles de trucs s’étaient opérés dans sa tête. Des raccourcis, des surprises, des éclairs. Jusqu’ici, elle avait considéré les disciplines qu’on leur enseignait comme des diversions, des passe-temps pour canaliser la jeunesse. Mais une fois que le gavage opérait, votre vision des choses de modifiait. Steph n’aurait pas très bien su définir ce bouleversement : elle se sentait à la fois plus sûre et moins certaine. »