BIENVENUE SUR MON BLOG

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dimanche 1 août 2021

HÔPITAL SINISTRÉ.

 

Après ma pirouette de vététiste j’ai été pris en charge par la sécurité civile grenobloise. L’hélicoptère dû faire une escale auprès d’un autre touriste cascadeur dans une situation plus préoccupante que la mienne car il était touché aux vertèbres et était rapatrié sur une civière.

Aux urgences de l’hôpital de Grenoble commence alors une longue attente, tout d’abord dans une sorte de hall où tous les patients arrivaient. Mon attention est d’abord attirée par deux personnes âgées un peu perdues, demandant à rentrer chez elles. Le personnel soignant fera preuve de persuasion pour que les deux victimes subissent au moins des examens et aient un diagnostic.

Je suis ensuite conduit dans un couloir en attente, me dit-on, qu’un box se libère.

Finalement, je me serais ausculté dans le couloir après plusieurs heures d’attente, je comprends que le personnel est complètement dépassé par le nombre de patients. J’apprendrai plus tard que nous étions 70 pour seulement trois médecins.

Pour autant, l’équipe soignante se montre très attentive, souriante et à mon écoute malgré leur surcharge de travail.

Je vais passer de nombreuses heures dans ce couloir à attendre et pour l’occasion écouter et entendre.

J’étais à côté de l’entrée du bureau des soignants et cet emplacement inconfortable me permets d’entendre des propos d’agacement et de lassitude des personnels entre eux, qui contraste avec l’amabilité à l’égard des patients.

Je ne serai déplacé de mon couloir que pour passer les radios et une échographie. Vers une heure du matin, l’interne me dit que si opération il doit y avoir, celle-ci ne relève pas de l’urgence, et devra donc être gérée après mon retour chez moi.

Je suis donc « sortant », au beau milieu de la nuit, en tenue de vélo, pour rentrer à mon hôtel par mes propres moyens à 1h30 de route de là ! Je supplie de pouvoir rester jusqu’au matin, même dans un coin, pour récupérer un peu.

Cette faveur, si l’on peut dire, m’est accordée, mon voisin de box n’aura pas cet égard. Par box, il faut entendre un drap blanc séparant les brancards, nous sommes une dizaine dans une grande salle.

Je vais très peu, voire pas, dormir et j’entends les patients interpellés les soignants, parfois dans le calme parfois aussi avec agressivité, mais les équipes restent toujours d’égale humeur.

Je suis sidéré d’observer le manque de considération et de respect de la part de certains patients, mais aussi et surtout de la part de nos dirigeants depuis plusieurs années envers des équipes médicales surchargées et qui plus est très fortement misent à contribution depuis plus d’un an.

Il ne suffit pas de les applaudir à 20 heures !


 

(photo d'archives 2016) © Maxppp - Clementz Michel



vendredi 30 juillet 2021

LA DERNIÈRE FUGITIVE

 

En 1850 Honor Bright quitte l’Angleterre pour l’Amérique avec sa sœur Grace qui doit se marier dans l’Ohio.

Grace ne survivra pas au voyage et Honor arrive seule dans la communauté religieuse stricte des quakers, elle découvre l’esclavage que sa communauté rejette tout en s’accommodant de cette réalité, trouvant moult prétexte pour ne pas avoir d’ennuis.

Honor pourtant viendra en aide aux fugitifs au prix de grands risques tant pour elle que pour sa nouvelle famille.

Si le rythme du roman semble lent au début, presque fastidieux, il prend finalement son envol et décrit la réalité du chemin de fer clandestin et du porte-à-faux dans lequel se trouvaient les abolitionnistes.




lundi 19 juillet 2021

BREF SÉJOUR ALPESTRE

 

Cette année, avant de traverser les Pyrénées en vélo, j’avais prévu de passer une semaine plus tranquille dans les Alpes. Une semaine dans un club vacances, avec randos, balades, stretching, soirées et animations diverses.

Mon séjour commence par une longue demi-journée d’attente d’un bus fantôme à Bourg d’Oisans et c’est en taxi, au tarif de 80 €, que j’arrive à mon hôtel des deux Alpes. Un brin énervé, il faut bien le reconnaître.

Mais ce sont les vacances, alors tout va bien ! Ma première nuit d’estivant dure 10 heures consécutives, c’est dire à quel point j’avais besoin de faire une pause.

Après une rapide visite de la station, ma première véritable activité sera une initiation au VTT. Comment freiner, descendre, monter, tourner. C’est très différent du vélo de route que j’ai l’habitude de pratiquer.

Au retour, je m’inscris pour le lendemain après-midi à une initiation à la descente en VTT et le matin à une séance de renforcement musculaire très tonique, puis plus tard dans la semaine une randonnée dans les glaciers et une sortie en rafting. Le programme est déjà très alléchant.

Julien, notre moniteur, nous harnache de pied en cape, tels des Dark Vador des montagnes. Après des consignes précises pour aborder descentes, virages et bosses en parfaite sécurité, nous rejoignions le sommet de la piste en télésiège. Quelques aigles tournent dans le ciel pour rappeler aux citadins l’immensité de leur territoire.

Nous nous engageons sur la piste la plus facile, réalisons encore quelques exercices sur un bike park avant d’aborder l’entière descente. Grisés par cette expérience, aucun d’entre nous ne se fait prier pour retourner au sommet.

Mes craintes de la première descente se sont dissipées et je débute la seconde en confiance, peut-être un peu trop, même si le souvenir de ma chute de l’été dernier est encore bien présent.

Tiens, un tracteur. La dernière fois que j’ai croisé un tracteur en vélo, c’était un quart d’heure avant mon accident l’été dernier. Je chasse de mon esprit cette désagréable comparaison pour me concentrer sur mon parcours.

Je n’ai pas la sensation d’aller vite, mais j’aborde mal une bosse du circuit. Au lieu d’appuyer sur le guidon pour maintenir le pneu au sol, je le lève comme si j’avais voulu faire un saut alors que loin de moi était ce projet. La conséquence est inévitable, je passe par-dessus mon vélo et chute violemment sur le côté droit. Je crie, mets quelques secondes à réaliser, à pouvoir respirer. « Ce n’est pas vrai que ça recommence ! » Est ma première réflexion. « Plus jamais je ne monterai sur un vélo » est alors ma deuxième remarque, avant de me tourner vers le moniteur et m’inquiéter de savoir si le vélo n’était pas cassé ! « On s’en fout, on verra ça plus tard » me répondit-il.

Mes vacances s’achèvent déjà. Nous sommes lundi.

J’ai un peu de chance dans mon malheur, je fais mon baptême de l’air en hélicoptère jusqu’à l’hôpital de Grenoble. Je me serais bien passé de cette première.

Un hôpital public français dramatiquement surchargé et débordé, comme tant d’autres, ce sera l’objet d’un autre récit.

                                                                                                     (À suivre…)

NB : le vélo n’a rien !




samedi 5 juin 2021

L'ANOMALIE

Un peu dérouté dans un premier temps par cette histoire d’avion dupliqué et par la multiplicité des personnages qui finalement ne se croisent qu’une seule fois (ou deux), je me suis vite pris au jeu de ce roman étrange.

Au-delà du fantastique, ce roman est une grande réflexion sur le destin, les choix et les décisions qui rythment nos vies, les grandes questions qui nous reviennent : ai-je fait ce qu’il fallait ? Ai-je pris la bonne décision ? Si je pouvais revenir en arrière, rembobiner la cassette…

Je ne vous cache que j’ai un peu décroché par endroits, notamment lorsque les représentants des différentes religions sont convoqués à la Maison-Blanche pour donner une explication à l’inexplicable, si tant est que quelque religion que ce soit ait un jour argumenté le moindre évènement de façon cartésienne, mais ce n’est que mon avis.

 L’humour de l’auteur ponctue aussi l’ouvrage par quelques piques acerbes et néanmoins souriantes telles que « Puisque la religion fournit une réponse doctrinale et fausse, la philosophie s’en propose d’en donner une abstraite et erronée. Partout dans le monde, les talk-shows se multiplient.  Et surtout en France, ce pays à la concentration en philosophes médiatiques légendaire. »

 

 


 

L’Anomalie, de Hervé LE TELLIER, éditions Gallimard, Prix Goncourt 2020