BIENVENUE SUR MON BLOG

BIENVENUE SUR MON BLOG



Affichage des articles dont le libellé est enfant. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est enfant. Afficher tous les articles

dimanche 19 avril 2020

L'ENFANT DE L'IMMEUBLE EN FACE


Je déambule de la chambre au salon, du salon au balcon, puis vais dans la cuisine ouvrir le frigo. Je le referme aussitôt, ce n’est pas l’heure. J’ai lu un moment, mais au bout d’une heure je n’y arrive plus. J’ai envoyé quelques SMS, reçu quelques- uns en réponse, regardé un film, écouté de la musique, lu un journal et je suis retourné à la fenêtre regarder la pluie tomber.

Dans l’immeuble en face, un petit garçon se désole également de la météo. Il me voit, je lui fais un signe de la main. Il me répond du même geste en y ajoutant un sourire. Nous nous regardons quelques instants. Il s’absente quelques secondes et revient en me montrant un jouet. Je devine que c’est une voiture mais ne parvient pas à déterminer quel type de voiture et ce n’est pas très important. Je pense surtout qu’un signe de la main a mutuellement fait disparaître nos mélancolies. Un signe de la main nous a donné le sourire.

Le sourire d’un enfant à la fenêtre. C’est tellement simple. J’avais oublié que le bonheur pouvait être aussi simple. Je me dis que mes amis me manquent, que j’ai hâte de les voir, de les prendre dans mes bras, de trinquer avec eux, d’aller au théâtre, au cinéma, au restaurant et c’est un petit garçon qui me rappelle à l’ordre. Du haut de ses trois ou quatre ans, il me dit que lui aussi en a marre, lui aussi s’ennuie mais qu’un sourire ou un signe de la main, parfois, suffit à insuffler du bonheur à un esprit mélancolique.

Merci petit bonhomme, merci de ton sourire. Une belle journée s’annonce, tant pis s’il pleut.  


Photo glanée sur la toile et pompée sur le site dailygeekshow.com



samedi 31 août 2013

LE REVERS

Elle voulait juste téléphoner,
Pour parler, cicatriser une plaie ouverte depuis des années par les ainés
Peu importe d’ailleurs l’histoire est si ancienne, les enfants n’étaient pas encore nés
Et puis le ton a monté

D’autres s’en sont mêlés
Sans le vouloir, sans savoir, sans comprendre vraiment,
Elle aurait tant aimé juste parler
Avant, elle n’était qu’une enfant

Elle m’a téléphoné en pleurant
Elle craignait de ne plus voir ses cousins
A cause d’un malentendu malsain
Maladroit ou stupide, enfin

Tu n’as pas à regretter
D’avoir essayé de parler
La vie est ainsi faite
Des refus, des revers, des défaites

Gens que j’aime tant
Prenez le temps
De vous parler
De vous aimer

Elle voulait juste téléphoner,

Pour parler.




samedi 24 novembre 2012

LE SILENCIEUX


Malgré sa grande taille il était un enfant fragile. Il parlait peu, ou pas, cela permettait aux autres de s’exprimer dans un vacarme assourdissant où personne n’entendait vraiment ce que le voisin disait. Lui, ne disait rien, ou pas grand-chose mais nul ne s’en rendait réellement compte.

Pour se protéger il s’était constitué une immense bulle autour de lui, faite de rêves, d’histoires lues dans des livres, et d’imaginaires.

Cela lui fut reproché maintes fois mais il continuait tout de même à vivre dans ses rêves et son silence apparent.

D’autres enfants aimaient bien le bousculer, le chahuter, le taquiner parfois avec méchanceté, cela était très plaisant puisqu’il ne protestait pas.

Des médecins s’étaient intéressés à lui, en tentant de comprendre pour la bulle et pour le silence mais comme il ne parlait toujours pas, les médecins ne comprenaient pas.

Il avait dû dessiner ce qui lui passait par la tête sur une feuille, puis écrire également ce qui lui passait par la tête sur une autre feuille.

Les médecins s’étaient réunis, avaient comparé les deux feuilles, observés l’écriture et le dessin, étudiés l’emplacement précis de l’écriture et du dessin sur chaque feuille et avaient imaginé une explication que personnes d’autres que les médecins ne sut interpréter.

Alors l’enfant retourna dans sa bulle et dans son silence. Les médecins repartirent s’occuper d’un autre enfant.

Un jour, l’enfant disparut.

A ce moment seulement en entendit le silence qu’il faisait.

Mais c’était déjà trop tard, il était parti.