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dimanche 19 mars 2023

SUR LE PARCOURS DU PARIS-NICE

Alors qu’à une époque désormais révolue pour moi je faisais cela tous les quinze jours, j’ai récemment accroché un dossard douze mois après le précédent et pour la première fois en vélo.

C’est donc avec une certaine fébrilité sans enjeu que je me suis présenté au départ d’une cyclosportive non chronométrée dont le parcours était le même que celui des pros sur la dernière étape du Paris-Nice.

Cinq côtes et cols sont au programme, sur un parcours de 128,8 kilomètres.

Habitué des marathons à plusieurs milliers de participants, voire dizaine de milliers pour certains, je suis agréablement surpris par la fluidité du départ. Il nous a été demandé notre souhait d’un créneau horaire et c’est par petit groupe d’une vingtaine que nous partons successivement à quelques minutes d’intervalles.

Nous longeons la Promenade des Anglais puis la route de Grenoble (la 202 pour les intimes et les locaux) en longeant le Var. Si le départ est d’allure modérée, 25 km/h, très vite le groupe accélère et dépasse les 32 km/h. La route n’étant pas fermée à la circulation, je pense plus confortable de rester en groupe, « dans les roues » comme on dit, mais le rythme est trop soutenu et je préfère laisser filer plutôt que d’arriver cramé au pied de la première côte qui ne tardera pas.

Elle arrive après une heure de route, c’est la côte de Levens, pas très difficile, jusqu’au village éponyme, puis nous redescendons avant de bifurquer sur la deuxième ascension, vers Châteauneuf Villevieille, un classique des sorties dominicales entre amis. « Jusqu’ici tout va bien » est le message que je leur envoie, c’est l’occasion du premier ravitaillement, j’ai fait un tiers du parcours avant la redescente vers Contes.

C’est déjà la troisième côte, que je ne connais pas du tout, six kilomètres à six pour cent, cela passe sans heurts, les jambes sont toujours là.

Dans la descente vers l’Escarène, un concurrent interpelle à la cantonade pour une chambre à air. C’est sa deuxième crevaison, nous partons tous avec une chambre à air de rechange, jamais deux ! Je m’arrête pour le dépanner en espérant que je n’aurais pas la mouise à mon tour. Le jeune homme propose de me dédommager de cinq euros, je lui dis évidemment qu’il n’en sera rien en me rendant compte qu’il me vouvoie. Mon casque cache pourtant mes cheveux gris, il doit y avoir d’autres signes marqueurs du temps.

Je suis loin d’être un vétéran dans l’épreuve, quelques octogénaires font le parcours aussi, l’un d’entre eux assume et arbore fièrement un bandeau sur son maillot « Philippe, 82 ans ». Passant à sa hauteur je lui donne l’encouragement qu’il attend, un petit mot tout simple. Chapeau mec, grimperais-je encore des cols à son âge ?

Vient ensuite la côte de Peille. Les kilomètres se sont accumulés, c’est l’avant-dernière difficulté du jour et on passe en première catégorie. Pour les non-initiés, la catégorie des cols dans une course cycliste permet l’attribution des points au classement du meilleur grimpeur en fonction de la difficulté. Cela va de la petite bosse de quatrième catégorie où le coureur passant en tête gagne un point, les organisateurs en trouve toujours au moins une pour pimenter la course, même en Bretagne, peut-être pas en Beauce, jusqu’au col de première catégorie qui vaut dix points. Les cols hors catégorie rapportent vingt points, mais là c’est pire, on parle de l’Alpe d’Huez, du Tourmalet et autres légendes du Tour de France. Personnellement je n’ai encore jamais grimpé ça.

La côte de Peille, c’est de la première catégorie et les cuisses commencent à chauffer. L’avantage d’être un régional de l’étape c’est de bien connaître cette côte, je connais ses lacets, je sais quand ça s’arrête même si j’ai les yeux rivés sur le GPS pour savoir ce qu’il reste à faire.

Il n’y a pas que la montre et la route, j’arrive aussi à regarder le paysage, ce serait dommage de ne pas en profiter, même si je connais le coin.

Arrive le deuxième ravitaillement, heureusement qu’il y en avait car pour la première fois de la saison printanière un deuxième bidon d’eau n’aurait pas été superflu alors que la veille encore la question était : « cuissard court ou cuissard long ? ». Ceux qui ont fait le choix du long on du bien le regretter, j’ai gagné aujourd’hui ma première marque de bronzage cycliste.

S’en suit une vingtaine de kilomètres tranquille avant la dernière difficulté du jour, et pas des moindres, ze difficulté, le col d’Eze.

Après Peille, La Turbie, Eze Village et descente sur Nice, on attaque le gros morceau de la journée, après cent kilomètres.

Je suis un peu déçu que l’ascension du col ne se fasse pas sur la route habituelle. Les organisateurs font bifurquer par le boulevard Bischoffsheim, je comprends vite ma douleur. La pente est de vingt pour cent jusqu’au Col de la Corne d’Or puis rebelote par le Chemin du Vinaigrier jusqu’au Col des quatre chemins avant de retrouver la route habituel du Col d’Eze.

Si l’on regarde la course des pros le lendemain sur le même parcours, c’est précisément à l’endroit où le maillot jaune a mis le feu au poudre dans le chemin du vinaigrier que, moi, j’ai humblement marché tellement la pente était raide.

Une fois finie cette ascension, l’affaire était entendue, il ne me restait plus que la descente sur Nice et la ligne d’arrivée. 128,8 kilomètres en 6 heures 34. Il y avait longtemps que je n’avais pas roulé une si longue distance.

Le lendemain, sur le même parcours, le vainqueur de l’étape ne mettra que 2 heures 51 et le dernier 3 heures 17, pile moitié moins que moi, il s’agit du français Hugo Page, 22 ans, de l’équipe belge Intermarché-Circus-Wanty, sur un vélo de la même marque que le mien.

 

mardi 20 décembre 2022

BITNA SOUS LE CIEL DE SÉOUL

 

En Corée du Sud de nos jours, Bitna vit à Séoul pour ces études. Pour vivre elle fait de petits boulots et rencontre Salomé une jeune femme victime d’une maladie incurable qui la paie pour lui raconter des histoires.

Ainsi, Salomé voit le monde extérieur par les histoires de Bitna.

JMG Le Clézio nous fait découvrir la Corée à travers plusieurs contes imaginées par Bitna, sont ils rêve ou réalité, mensonge ou vérité ?

 



 

« Raconte-moi la suite, s'il te plaît, Onni ! »

Salomé m'a appelée onni, sa sœur aînée, comme moi autrefois avec Mi-kyeong, d'une voix plaintive de petite fille, et je comprends d'un seul coup ce qu'elle est devenue pour moi, dépendante de mes mots et de mes rêves, ma sœur cadette, ma créature ! Je ne sais pas pourquoi, cette découverte qui devrait me satisfaire me trouble plus que de raison, elle me donne une sorte de vertige. Les rôles sont d'un coup renversés, moi qui étais sa servante, son employée, payée en billets de 50 000 à l'effigie de la vieille dame digne, je suis devenue sa maîtresse, celle qu'elle doit suivre aveuglément à travers les méandres de l'imagination, à la merci de mes mots et de mes désirs, j'ai ce pouvoir de continuer ou d'interrompre le flux qui ajoute du temps à sa vie et retarde l'heure de sa mort.

lundi 19 décembre 2022

AVANT QUE J'OUBLIE

 

A la fois sensible et drôle, Anne Pauly, lauréate du prix du livre Inter 2020 que je découvre maintenant, se livre dans ce roman sur le deuil de son père « déglingo ».

Se confronter à la maladie avant la mort que l’on sait inéluctable, vider une maison, renouer des liens avec une famille disparate, découvrir cet amour paternel qui n’a jamais été dit entre vivants, recommencer à vivre. Ce sont toutes les étapes du roman très touchant d’Anne Pauly.



mardi 1 novembre 2022

L’INSTANT PRÉCIS OÙ LES DESTINS S’ENTREMÊLENT

Pour survivre à une scène de violence tragique qu’il a vue à 5 ans, Kyle s’est entièrement consacré à la musique que sa maman aimait tant.

Coryn a grandi dans une famille nombreuse de la banlieue de Londres jusqu’à sa rencontre avec Jack qui l’a aimé éperdument.

Lui est leader d’un groupe de rock, elle est mère au foyer.

Kyle et Coryn n’avaient aucune raison de se rencontrer.

Cela aurait pu être juste un roman d’amour tout simple et mielleux. C'est bien plus que ça, le roman traite aussi et justement de la violence domestique. Celles que Kyle a vu enfant, celles que Coryn subi. C'est ce qui rend toute la grandeur et l'émotion de ce livre.