BIENVENUE SUR MON BLOG

BIENVENUE SUR MON BLOG



Affichage des articles dont le libellé est Goncourt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Goncourt. Afficher tous les articles

samedi 5 juin 2021

L'ANOMALIE

Un peu dérouté dans un premier temps par cette histoire d’avion dupliqué et par la multiplicité des personnages qui finalement ne se croisent qu’une seule fois (ou deux), je me suis vite pris au jeu de ce roman étrange.

Au-delà du fantastique, ce roman est une grande réflexion sur le destin, les choix et les décisions qui rythment nos vies, les grandes questions qui nous reviennent : ai-je fait ce qu’il fallait ? Ai-je pris la bonne décision ? Si je pouvais revenir en arrière, rembobiner la cassette…

Je ne vous cache que j’ai un peu décroché par endroits, notamment lorsque les représentants des différentes religions sont convoqués à la Maison-Blanche pour donner une explication à l’inexplicable, si tant est que quelque religion que ce soit ait un jour argumenté le moindre évènement de façon cartésienne, mais ce n’est que mon avis.

 L’humour de l’auteur ponctue aussi l’ouvrage par quelques piques acerbes et néanmoins souriantes telles que « Puisque la religion fournit une réponse doctrinale et fausse, la philosophie s’en propose d’en donner une abstraite et erronée. Partout dans le monde, les talk-shows se multiplient.  Et surtout en France, ce pays à la concentration en philosophes médiatiques légendaire. »

 

 


 

L’Anomalie, de Hervé LE TELLIER, éditions Gallimard, Prix Goncourt 2020

samedi 14 novembre 2020

LEURS ENFANTS APRÈS EUX


Dans cette chronique sociale, Nicolas Mathieu, nous raconte au cours de quatre étés lorrains, de 1992 à 1998, de Nirvana à la Coupe du Monde, l’histoire de trois adolescents de 14 à 16 ans, Anthony, Hacine et Stéphanie, fils d’ouvriers, fils d’immigrés et fille des beaux quartiers où chacun se débat comme il peut pour exister dans une vallée sinistrée, Heillange dans le roman, ressemblante à Hayange dans la réalité

Trois gamins perdus, découvrant la vie, sa violence, l’avenir inexistant, le cynisme politique, l’alcool, le sexe, l’envie de réussir quelque chose dans sa vie mieux que leurs parents l’ont fait. Les trois s’y prendront différemment.

Le style direct et cru déroute parfois mais il reflète l’atmosphère perdue dans lequel vivent ses trois jeunes. Ce roman est une fresque déroutante, l’histoire de trois luttes.

 



 

« L’éducation est un grand mot, on peut le mettre dans des livres et des circulaires. En réalité, tout le monde fait ce qu’il peut. Qu’on se saigne ou qu’on s’en foute, le résultat recèle sa part de mystère. »

« La climatisation tempérait les humeurs. Bippers et téléphones éloignaient les comparses, réfrigéraient les liens. Des solidarités centenaires se dissolvaient dans le grand bain des forces concurrentielles. Partout de nouveaux petits jobs ingrats, mal payés, de courbettes et d’acquiescement, se substituaient aux éreintements d’autrefois. Les productions ne faisaient plus sens. On parlait de relationnel, de qualité de service, de stratégie de com, de satisfaction client. »

« A force de bûcher, de drôles de trucs s’étaient opérés dans sa tête. Des raccourcis, des surprises, des éclairs. Jusqu’ici, elle avait considéré les disciplines qu’on leur enseignait comme des diversions, des passe-temps pour canaliser la jeunesse. Mais une fois que le gavage opérait, votre vision des choses de modifiait. Steph n’aurait pas très bien su définir ce bouleversement : elle se sentait à la fois plus sûre et moins certaine. »