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vendredi 14 août 2015

QUELQUES JOURS SUR LES CIMES

Pour ces quatre jours, le programme était assez simple : Randonnée le matin, retour dans l’après-midi, bière en terrasse et tarot jusqu’au soir.

A deux reprises, la route de la Bonette fût le point de départ de nos marches, une première fois en direction du Col de Fer marquant la frontière franco-italienne avant de redescendre vers le lac de Vens. La seconde marche nous conduisait au col de l’Alpe par le GR56 après avoir longé la crête de Blanche sur un sentier à flanc de montagne particulièrement abrupte et peu rassurant pour qui, comme moi, appréhende le vide.

Au départ d’Auron, le troisième jour, nous rejoignons la croix de Bercha par un sentier raide dont nous découvrons après coup qu’il est en hiver une piste noire pour skieurs ! Prudents, nous ferons la descente par le versant opposé de la montagne, moins spectaculaire, certes, mais ô combien plus sereine.

Pour le quatrième jour, la ballade se fait dans la vallée de la Tinée, partant du village perché de Marie vers la pointe de Clamia.

Le paysage du Mercantour, de sentier pierreux en chemin de crêtes, de forêts de mélèzes en prairies de pâturages, de bergeries en forts militaires bâtis sur les pics, de cascades en ruisseaux et aussi une faune particulièrement riche. Ainsi, au cours de nos diverses pérégrinations nous aurons eu le loisir d’observer quelques marmottes, lever les yeux sur le vol d’un aigle (1) et croiser, très furtivement, la route d’un chamois.

Lac de Vens

deux randonneurs connus


La Tinée vue du village de Marie

(1) D’après nos recherches, la tête blanche et la très grande envergure des ailes pourrait correspondre à la description du gypaète barbu, mais sa réintroduction est très récente dans le Parc National

jeudi 6 août 2015

LES LUTINS MALÉFIQUES DU PLATEAU DE CALERN

Deuxième randonnée de la semaine, jusqu’au plateau de Calern, au départ de Cipières. La chaleur est au rendez-vous et ma réserve d’eau s’avérera tout juste suffisante. La montée se fait par le GR4 et le hameau de Calernet. Au sommet, un vent léger est le bienvenu. L’aven de Baudillouns permet aux spéléologues de s’adonner à leur passion au travers de multiples méandres et galeries jusqu’à -433 mètres !

Je vais jusqu’à l’observatoire du CERGA d’où la vue sur la plaine de Caussols est, dit-on, admirable. Mais après la solitude de l’heure passée à monter, je suis gêné par la présence des bâtiments de l’observatoire et le sommet de la falaise ne montre pas le village de Caussols mais juste une route. Je repars en laissant le site à quelques parapentistes et autres amateurs d’aéromodélisme.

En reprenant ma route, je croise quelques lutins, vêtus de tuniques blanches portant chapeaux pointus et masques, je les observe s’agiter autour de celui qui, plus grand que les autres, semble être le chef. Peut-être s’agit-il d’un groupe d’enfants écoutant avec attention les explications d’un apiculteur, mais je n’écarte pas l’hypothèse des lutins qui est tout à fait crédible.

Lors du retour sur Cipières, je perds la trace du sentier balisé (sans doute l’action des lutins du plateau), mais je déjoue facilement leur plan maléfique grâce à ma montre magique, dotée d’une boussole m’indiquant la direction à prendre pour rejoindre mon point de départ.


Il me fallait bien une bonne bière pour me remettre de mes émotions.

Indice rassurant en cours de randonnée

Indice de fin de randonnée


mercredi 5 août 2015

COL ET TUILES

Le programme de la première randonnée de l'été me conduit à Vence pour une sortie en VTT. Du col de Vence, je rejoindrais Saint-Barnabé, puis Coursegoules et retour au col. Chemin faisant, je me dis que je pourrais bien faire l’ascension. Dès que possible, je gare ma voiture et part à l’assaut des six derniers kilomètres.

Pourquoi donc s’infliger cette montée imprévue, me diriez-vous ? Pour le seul plaisir de le redescendre à vive allure, tout simplement !

Le hameau de Saint-Barnabé se rejoint par une petite route bitumée, la suite du parcours est sur sentiers et pistes. Parfois, bien que les montées ne soient pas si raides, les cailloux et racines sur le sol m’obligent à mettre pied à terre. Quelques doutes sur l’itinéraire parfois, quelques demi-tours de temps en temps, font partie de jeu de piste dans lequel je ne me sors pas mal.

Après la forêt de Garavagne, et alors que je me disais que la prochaine zone ombragée pourrait-être le lieu idéal pour mordre dans mon casse-croute, je sens un insecte dans mon casque. Je prends peur, fais un geste incontrôlée pour retirer mon casque et c’est la chute !

La surprise passée, et sans piqure d’insecte, je repars sur mon chemin en restant prudent sur la descente caillouteuse jusqu’à Coursegoules et ma pause déjeuner.

Le village reculée, vu de la piste, mérite une photo. Je m’arrête pour immortaliser l’instant, cherche mon téléphone, en vain. Je n’ai plus de téléphone.

Je reviens sur mes pas, surveillant bien le sol pour tenter de voir l’indispensable appareil. Je le retrouve mille trois cent mètres plus loin -et plus haut puisque la descente est devenue montée- à l’endroit précis de mon gadin !

Enfin le cliché peut se faire, et je poursuis mon périple par une petite route qui devient sentier avant de rejoindre la départementale, quelques hectomètres avant le Col de Vence.

Puis c’est la descente asphaltée jusqu’à ma voiture, une récompense après l’effort de la montée, six kilomètres avalés en une poignée de minutes, juste pour le plaisir.

L'autre plaisir post-randonnée indispensable consiste à s'asseoir dans le premier bistrot venu pour se désaltérer d'une bonne pression bien fraîche.

Le lendemain soir, j’ai la surprise de retrouver un pneu de mon vélo à plat. Après démontage, il y a un trou de quatre centimètres dans la chambre à air ! Pourtant, il n’y avait rien quand j’ai fini la randonnée de l’avant-veille, aucun corps étranger dans le pneu, et la lacération est sur l’intérieur de la chambre, du côté qui est sur la jante. Mystère !


Demain, je devrais faire emplette dans un magasin de sport.

Coursegoules (tout ça pour ça !)



samedi 27 juillet 2013

ORAGES AU DÉSESPOIR

La deuxième semaine de congé était celle réservée à deux de mes garçons (le troisième bosse) après leurs brillants résultats au bachot et avant qu’ils ne débutent leur job estival.

C’est dans un mobil-home de Castellane que nous avons posé nos sacs, bien décidés à arpenter les pistes de randonnées locales en long en large et en diagonale.

Après le traditionnel remplissage diététique du garde-manger (cassoulet, raviolis, sardines à l’huile, saucisson, pastis,…)  et non sans avoir échappé de peu à la maréchaussée pour défaut de port de la ceinture d’un passager (hum, hum…) nous pouvions débuter notre semaine.

C’était sans compter la présence d’un invité surprise. Jupiter en effet, avait fort envie de se joindre à nous quelques jours…

Ainsi, notre première randonnée, au lac de Castillon s’est achevée sous l’orage.

Notre seconde randonnée, au col de Destourbes (1543m) s’est achevée sous l’orage et la soirée grillades du camping était annulée ce qui est culturellement et sociologiquement regrettable, j’aurais volontiers fait griller mes merguez et bavardé géopolitique avec mes voisins dans un anglais approximatif.

Au matin du troisième jour nous nous contentons d’un footing avant une balade en rafting sur le Verdon, après l’orage. On progresse. Quelques gouttes de pluie à peine ne sont pas gênantes lorsqu’on pratique une activité en eau vive. L’eau aurait bien mérité quelques degrés de plus mais à l’heure où j’écris ces lignes la moitié de la France est en alerte canicule, alors de quoi se plaint-on.

Au quatrième jour, les cieux ne sont toujours pas du côté de vacanciers. Heureusement que nous aimons jouer au tarot et regarder le Tour de France à la télévision !

Cinquième et avant dernier jour est le premier jour sans pluie ! C’est aussi l’une des plus belles randonnées que nous faisons dans la semaine (le tour de Robion), des vues sur le Verdon, le massif des écrins, la découverte de l’improbable chapelle Saint-Trophine, mi-construite, mi-troglodyte, la traversée de hameaux, longeant les pâturages et redescendant par la petite route des gorges du Raypaud.

Puis, pour la dernière balade, nous avons choisi de finir au sommet du col de Robion, à 1660 mètres d’altitude, point culminant de notre semaine.

Après une semaine intense et une fois les enfants déposés chez leur mère, un petit pincement venait conclure le séjour.

A la rentrée, si l’un reste étudiant à Nice, l’autre part à Montpellier. C’est la fin d’une époque, c’est une vie nouvelle qui s’ouvre à eux, jumeaux séparés pour la première fois et abandonnant le schéma classique du « un weekend end sur deux et la moitié des vacances ». J’ai toujours souhaité qu’ils soient autonomes, toujours plaidé pour que les enfants deviennent des adultes heureux sans nous, cela ne m’empêche pas d’avoir un petit quelque chose dans le ventre juste maintenant, juste ce soir.