BIENVENUE SUR MON BLOG

BIENVENUE SUR MON BLOG



Affichage des articles dont le libellé est vacances. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vacances. Afficher tous les articles

lundi 19 juillet 2021

BREF SÉJOUR ALPESTRE

 

Cette année, avant de traverser les Pyrénées en vélo, j’avais prévu de passer une semaine plus tranquille dans les Alpes. Une semaine dans un club vacances, avec randos, balades, stretching, soirées et animations diverses.

Mon séjour commence par une longue demi-journée d’attente d’un bus fantôme à Bourg d’Oisans et c’est en taxi, au tarif de 80 €, que j’arrive à mon hôtel des deux Alpes. Un brin énervé, il faut bien le reconnaître.

Mais ce sont les vacances, alors tout va bien ! Ma première nuit d’estivant dure 10 heures consécutives, c’est dire à quel point j’avais besoin de faire une pause.

Après une rapide visite de la station, ma première véritable activité sera une initiation au VTT. Comment freiner, descendre, monter, tourner. C’est très différent du vélo de route que j’ai l’habitude de pratiquer.

Au retour, je m’inscris pour le lendemain après-midi à une initiation à la descente en VTT et le matin à une séance de renforcement musculaire très tonique, puis plus tard dans la semaine une randonnée dans les glaciers et une sortie en rafting. Le programme est déjà très alléchant.

Julien, notre moniteur, nous harnache de pied en cape, tels des Dark Vador des montagnes. Après des consignes précises pour aborder descentes, virages et bosses en parfaite sécurité, nous rejoignions le sommet de la piste en télésiège. Quelques aigles tournent dans le ciel pour rappeler aux citadins l’immensité de leur territoire.

Nous nous engageons sur la piste la plus facile, réalisons encore quelques exercices sur un bike park avant d’aborder l’entière descente. Grisés par cette expérience, aucun d’entre nous ne se fait prier pour retourner au sommet.

Mes craintes de la première descente se sont dissipées et je débute la seconde en confiance, peut-être un peu trop, même si le souvenir de ma chute de l’été dernier est encore bien présent.

Tiens, un tracteur. La dernière fois que j’ai croisé un tracteur en vélo, c’était un quart d’heure avant mon accident l’été dernier. Je chasse de mon esprit cette désagréable comparaison pour me concentrer sur mon parcours.

Je n’ai pas la sensation d’aller vite, mais j’aborde mal une bosse du circuit. Au lieu d’appuyer sur le guidon pour maintenir le pneu au sol, je le lève comme si j’avais voulu faire un saut alors que loin de moi était ce projet. La conséquence est inévitable, je passe par-dessus mon vélo et chute violemment sur le côté droit. Je crie, mets quelques secondes à réaliser, à pouvoir respirer. « Ce n’est pas vrai que ça recommence ! » Est ma première réflexion. « Plus jamais je ne monterai sur un vélo » est alors ma deuxième remarque, avant de me tourner vers le moniteur et m’inquiéter de savoir si le vélo n’était pas cassé ! « On s’en fout, on verra ça plus tard » me répondit-il.

Mes vacances s’achèvent déjà. Nous sommes lundi.

J’ai un peu de chance dans mon malheur, je fais mon baptême de l’air en hélicoptère jusqu’à l’hôpital de Grenoble. Je me serais bien passé de cette première.

Un hôpital public français dramatiquement surchargé et débordé, comme tant d’autres, ce sera l’objet d’un autre récit.

                                                                                                     (À suivre…)

NB : le vélo n’a rien !




mardi 8 septembre 2020

QUELQUES JOURS À SAINT-FLOUR

 

Résumé de l’épisode précédent : Boum, Aïe, Pinpon.


Je n’ai pas vraiment idée du temps qui s’est écoulé avant l’arrivée des pompiers, une voiture s’est arrêtée pour voir si nous avions besoin d’aide, le cycliste qui montait le col, et m’a donc vu tomber à quelques mètres de lui, est resté jusqu’à l’arrivée de la voiture rouge. J’ai tout de même pensé à éteindre ma montre-GPS afin de ne pas fausser les données statistiques sur un réseau social sportif où chacun aime tracer ses prouesses.

Les trois pompiers ont le geste précis et le protocole méthodique. Ils m’enlèvent mon casque après s’être assurés que la tête n’avait pas cognée, font un pansement au coude qui saigne, le mollet attendra pour être soigné, et m’immobilisent le bras avec la fermeture éclair de mon maillot après avoir délicatement retiré la manche. Je sais maintenant pourquoi les cyclistes n’ont pas de maillots qui s’enfilent par la tête comme un tee-shirt, c’est pour servir d’atèle provisoire !

Lors du transport, une jeune pompière s’assure que je suis bien installé, que je n’ai pas trop mal et me parle en permanence y compris du paysage.

À l’hôpital, la première mesure est de prendre ma température, j’imagine que ce protocole est récent. La prise en charge est rapide, chaque intervenant se préoccupe de ma douleur avec toujours beaucoup de soin et de délicatesse et tout mon séjour hospitalier se passera avec la même bienveillance et une grande disponibilité quelle que soit l’heure du jour et de la nuit, malgré la surcharge, les difficultés du métier, la tension de la crise sanitaire et, dans le cas d’un hôpital d’une petite ville de province, les risques de fermetures ou de réduction de services.

Ce n’est que le lendemain matin que j’ai vu mon épaule, peu de temps avant l’opération. J’ai compris alors les grimaces de tous ceux qui ont regardé la blessure. Le caractère cocasse de la situation ne m’est apparu qu’un peu plus tard.

Après ces quelques jours de pause hospitalière tandis que les cyclistes poursuivaient leur périple que je suivais en images, c’est à côté de Béziers, dans l’agréable décor des vignes de Saint-Chinian, qu’une femme amoureuse et ses deux filles étaient aux petits soins pour moi.

À domicile désormais, c’est armé de patience que j’attends de reprendre une vie quotidienne ordinaire.     




dimanche 6 septembre 2020

QUELQUES JOURS ET PUIS S’EN VA

 

J’ai depuis quelques années pris pour habitude de raconter mes vacances sur ce blog, non pour narguer mes lecteurs mais pour tenter de concurrencer vaguement certains amis inondant les réseaux sociaux de leurs photos deux mois durant (et toc).

Après la Corse, Les Dolomites, le Val d’Aoste, je vous aurais narré cette année un périple cycliste à travers le Massif Central, les Cévennes, les Gorges du Tarn avant de rejoindre la Méditerranée, franchissant quasi héroïque quelques cols répertoriés en première catégorie sur le Tour de France dont le Puy Mary et le Mont Aigoual.

L’affaire avait été minutieusement préparée malgré le confinement, les routes des Alpes-Maritimes s’y prêtant parfaitement.  

Deux points me préoccupaient particulièrement, la chaleur que je devais avoir toujours à l’esprit, s’hydrater était indispensable, la répétition de l’effort était aussi une nouveauté, plus de 120 kilomètres quotidiens pendant huit jours étaient inconnu.

Ainsi, c’est derrière la gare de Clermont-Ferrand que je retrouvais mes acolytes du périple et les premiers coups de pédales donnaient suite à de brèves présentations.

La chaleur en effet était omniprésente, chaque village, chaque fontaine était l’occasion de remplir les bidons en eau fraîche. Mais le parcours magnifique compensait ce désagrément, les cols se suivaient, le premier jour des petits cols pas très pentus mais suffisamment longs pour chauffer les cuisses.

En fin de première journée, le ciel se couvrant, la température a vite baissé et le col de la Croix Morand en fut presque facile avant de descendre vers le Lac Chambon. J’ai bien dit « presque » facile.

Pour le deuxième jour, j’étais accompagné par Isabelle, une des participantes, assistée électriquement, qui ne voulait pas me laisser rouler seul. Notre duo improvisé prit plaisir à traverser l’Aubrac, passant par Salers avant de rejoindre le fameux Puy Mary dont les premiers kilomètres sont agréables et ombragés avant de laisser place à une pente sévère. 11,8 % de moyenne, les amateurs apprécieront ! Je mets pied à terre plusieurs fois, sans marcher, je prends le temps de reprendre mon souffle et je remonte. Je veux le faire entièrement, et j’y arriverais.  Les noms des coureurs du Tour sont peints sur le sol, chaque coup de pédale est un effort intense, le public venu en voiture m’encourage, je vois enfin la pancarte ! J’y suis arrivé !

Et en plus je vais endosser le maillot jaune ! Ah non, ça c’est dans mes rêves et depuis que je suis tout petit.

Au matin du troisième jour les premiers kilomètres sont aussitôt en montée vers le col de Prat de Bouc (1 396 mètres), la météo est agréable, ce soir nous arriverons à Nasbinals, en Lozère, village où j’ai séjourné il y a quelques années puisqu’il se trouve être sur le Chemin de Compostelle. Je prends le temps de bavarder avec deux baroudeurs partis de Rambouillet et rejoignant l’Espagne, sans véhicule d’assistance ! Je suis un large plateau et redescends vers le village de Brezons. La route est étroite, des voitures montent vers le col mais nous nous croisons sans difficulté.

Après, je ne sais pas très bien ce qui s’est passé. Je ne roulais pourtant pas vite, j’ai perdu le contrôle, j’ai tenté de redresser, j’ai revu mille fois la scène dans ma tête, j’aurais dû enlever le cale-pied et me rattraper avec la chaussure sur le bitume, j’aurais dû tenter de basculer côté talus ce qui aurait fait moins mal. Cela se passe en quelques secondes et je n’ai pas eu le temps de penser à tout ça. Je tombe lourdement sur le côté gauche, la douleur est intense, surtout à l’épaule.  

Isabelle est là tout de suite et prend vite mesure de l’ampleur de la chute. J’arrive à me relever pour me mettre sur le bas-côté plutôt qu’au milieu de la route et me rallonge aussitôt, c’est ce qui me fait le moins mal. Je vois qu’Isabelle gère et la laisse faire, elle appelle les secours, prévient le groupe. Mon séjour s’arrête là.

 

(à suivre)

 


lundi 26 août 2019

QUELQUES JOURS AU VAL D’AOSTE (deuxième partie)


Jeudi, le col de la Fenêtre n’est que modestement à une altitude de 2 858 mètres, pour autant son ascension n’est pas une des plus simples ce qui en fait un passage phare du Grand Paradis. La pente est raide pour y accéder, il faut parfois se servir de ses mains pour prendre appui sur la roche et les gardes du Parc ont ajouté quelques sommaires marches d’acier pour faciliter l’accès dans les endroits les plus périlleux.
La descente, quant à elle, est vertigineuse ! Du sommet nous ne voyons pas le chemin. Il faut s’aventurer un peu pour découvrir le long sentier pierreux descendant en lacets. Nous devons également veiller à ne pas faire glisser de pierres qui dans leur chute peuvent blesser gravement un autre marcheur, Ulrick nous rappelle que c’est d’ailleurs une des principales causes d’accidents en montagne l’été. En fin de descente, sur une dizaine de mètres, une corde est fixée pour faciliter le passage des marcheurs.
Nonobstant les bouquetins omniprésents, nous croisons à partir d’aujourd’hui d’étranges mammifères bipèdes, équipés comme nous de bâtons, portant un sac plus petit que les nôtres et vêtus le plus souvent de shorts et tee-shirt en matière synthétique. Ce sont des traileurs que l’on rencontre régulièrement dans le Val d’Aoste en cette période de l’année. Ils font la reconnaissance de certains cols d’une compétition qui se déroule chaque année en septembre. Le Tor des Géants, 330 kilomètres, 24 000 mètres de dénivelé, a pour parcours le tour du Val d’Aoste.
Ce soir nous faisons étape dans le village de Bruil, à 1 725 mètres d’altitude. C’est le grand luxe, nous dormons à l’hôtel et il y a du réseau sur les portables ! J’en profite pour passer quelques appels à mes amies les plus proches, quelques textos, mettre à jour Strava, lire mes courriels, regarder Facebook, Instagram et autres travers numériques de la vie moderne.



Pour l’avant-dernier jour, l’étape est la plus longue (16 kilomètres) et le dénivelé le plus élevé (1 339 mètres). C’est dans l’ascension -plutôt régulière- du col de l’Entrelor que nous assistons à une scène familiale touchante chez les bouquetins. Un petit, perché sur un rocher et ne pouvant apparemment plus en descendre, appelle sa mère par un sifflement aigu. Au loin, la mère lui répond régulièrement tout en venant le chercher. Sur place elle l’aide à se sortir de la situation, il la tète pour se remettre de ses émotions et les deux repartent vers de nouveaux horizons sous nos yeux admiratifs. Après notre dernier passage à plus de 3 000 mètres d’altitude la descente est assez douce pour rejoindre notre hébergement à Eaux Rousses, une auberge dans un petit hameau.



Déjà le dernier jour.  Notre parcours longe le Grand Paradis, le temps est magnifique pour ceux qui entreprennent de l’escalader (4 061 mètres tout de même) mais ce n’est pas à notre programme. Notre circuit nous mène vers d’anciennes bergeries, en contrebas nous voyons notre point d’arrivée. Pour notre dernier pique-nique nous sortons une bouteille de vin pour trinquer à notre semaine qui s’achève. Puis c’est l’ultime descente avant les embrassades. Petit café pour ceux qui sont sur place, alors que je dois rentrer rapidement avec la navette pour rejoindre Chamonix en espérant qu’il y aura peu d’embouteillage au Tunnel du Mont-Blanc ! C’est raté. Le chauffeur me dit que je n’aurais pas mon train. Puis se reprend en me disant que ce sera juste, mais que c’est jouable. J’arrive à la gare avec dix confortables minutes d’avance.
Puis c’est le retour sur Lyon, trop fatigué pour ouvrir un livre. Nice le lendemain.



dimanche 25 août 2019

QUELQUES JOURS AU VAL D’AOSTE (première partie)


Pour la troisième année consécutive, mes vacances seront sportives et c’est à nouveau dans des montagnes italiennes que je vais marcher une semaine.

Le dimanche, j’ai rendez-vous à la gare de Chamonix pour rejoindre Pont-Valsavarenche le point de départ, où nous arrivons avec retard après une longue halte à la sortie du Tunnel du Mont-Blanc sur injonction de la douane italienne. Nous sommes quatorze dans le groupe, guidé par Ulrick.
Après la première marche où nous apprenons à nous connaître, c’est le premier refuge. L’apéro délie timidement les langues et nous (re)découvrons la copieuse cuisine italienne qui nous accompagnera toute la semaine.



Lundi matin, il ne faut pas partir trop tard car le ciel est menaçant et Ulrick souhaite passer le col du Rosset, à plus de 3000 mètres d’altitude, avant l’orage. Finalement nous nous en tirons plutôt bien puisque la pluie et le vent présents juste avant l’ascension cessent au pied du col avant de reprendre mollement après la descente sur l’autre versant. Fort heureusement, car cette descente nécessitait de la prudence et n’avait pas besoin d’une difficulté supplémentaire !

La récompense n’a pas été mince, un magnifique arc-en-ciel se dessinait devant nous avec l’apparition du soleil et nous observons ensuite notre premier chamois du séjour.



Sans doute mardi n’est pas l’étape la plus difficile, mais pas loin, en tout cas l’une des plus magnifiques. Après le col Bassac Dere à 3082 mètres d’altitude, nous grimpons jusqu’à la Becca Traversière à 3337 mètres d’altitude. Le jeu en vaut la chandelle car du sommet nous profitons d’une vue imprenable sur le Monte-Bianco (puisque c’est sur le versant italien).
Notre redescente longe le glacier de Goletta avant de rejoindre le refuge Bezzi.
Pour l’anecdote, j’observe que c’est toujours dans des moments très improbables, notamment dans l’ascension des cols que j’ai du réseau sur mon portable, je reçois donc des notifications qu’il m’est impossible de consulter. Je sais qui m’envoie des messages, mais ne peux les lire !



Les passages de cols et tout autant leurs descentes parfois ardues n’empêchent pas des vues époustouflantes sur la chaîne du Val d’Aoste, les passages par les pâturages sont aussi des moments d’une douceur montagnarde splendide. Nous longeons régulièrement prairies, lacs et rivières tandis que notre guide nous renseigne sur la faune et la flore. Bien entendu, on ne touche qu’avec les yeux comme disaient nos grands-mères, car le Grand Paradis est un parc naturel -ancienne réserve de chasse de Victor-Emmanuel II de Savoie- toute cueillette y est donc formellement prohibée.
Régulièrement, nous croisons chamois et marmottes. Les bouquetins sont également nombreux mais à des altitudes plus élevées.

Si le confort dans les refuges n’est pas toujours du même tenant, l’accueil en revanche est toujours chaleureux et convivial. « Una birra per favor » étant la phrase que j’aurais le plus souvent prononcée. La nourriture est copieuse, à l’italienne. Ce soir la serveuse nous demande si nous prendrons du vin et nous conseille le rouge sans attendre notre réponse, en raison du menu. Elle nous indique alors celui du soir : « Il y a de la soupe, des lasagnes, de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert. Mais le dessert est très léger », précise-t-telle. Nous voilà rassurés !



(à suivre)

mardi 28 août 2018

QUELQUES HAUTEURS A LA FRAÎCHE


Fort de l’expérience Corse de l’an passé, je suis reparti pour quelques jours de marche, cette fois dans les Dolomites, au Nord de l’Italie. Cette année encore, je dois bien dire que je n’ai pas été déçu.

Partir avec un groupe d’inconnus est toujours un peu risqué, mais en marchant les langues se délient vite, assez étrangement d’ailleurs puisque on devrait la tirer face à l’effort, mais le premier circuit était suffisamment court et facile pour faire connaissance. Puis le soir venu, au refuge, après une pinte ou un spritz, tout le monde est plus prolixe.

Nous logerons en refuges, si le premier semble un peu une grande usine les suivants seront souvent plus chaleureux et familiaux. A Auronzo, notre première étape, le maillot rose de Vincenzo Nibali est fièrement encadré dans l’entrée en souvenir du jour où il scella sa victoire ici lors du Tour d’Italie cycliste 2013 (pour la petite histoire).

Les paysages s’enchaînent, tous à plus de 2 000 mètres d’altitude, avec bonheur et plénitude. Qu’il est bon de sentir la quintessence du bien-être dans l’effort. Certes, quelques passages me paraissent un tantinet abrupts, mais mes acolytes ont vite compris que je n’étais pas franchement rassuré dans les passages à flancs de falaises et seront toujours aux petits soins pour moi, me demandant si ça va, m’accompagnant, m’entourant, m’aidant.

Ne croyez pas que j’ai écrit quintessence pour faire le malin, ce n’est qu’une blagounette à usage privé, fruit de nos soirées de jeux Time’s Up. A défaut de boîtes de jeux, nous avions inventé les mots nous-mêmes, un tordu avait trouvé « quintessence » ce qui est plus difficile à mimer que « fellation », fruit d’un autre tordu, et je ne vous dis pas comment on mime « Pavlova » !

La convivialité du groupe amènera quelques un(e)s à devenir des sans-culottes, mais je ne donnerai aucun détail ni ne publierai de photos par respect pour leurs familles.

La semaine fut vite finie, nous aurions tous bien rempilé malgré nos 6 000 mètres de dénivelés en 100 kilomètres (et quelques-uns à ras de falaise, mais je n’ai même pas eu peur, enfin si un peu, mais bon ça passe).

Semaine de sport et de rencontres, que du bonheur autour de Vincent, un guide passionnant et sympa qui m’excusera de l’avoir appelé Julien une partie de la semaine. Julien c’était l’an passé en Corse. Peut-être appellerais-je Vincent le guide de l’an prochain, mais ce sera où ?



Quelques photos de Pascal T.









dimanche 30 juillet 2017

BELLA CORSICA

Cela faisait longtemps que j’en avais envie sans avoir eu l’occasion de concrétiser le projet et c’était donc la première fois que je mettais un pied sur l’île de beauté.

Dimanche, je retrouvais un groupe de randonneurs avec qui j’allais partager une semaine de treck.
Afin de bien commencer, nous nous arrêtons sur une plage du Golfe de Sagone pour une première baignade avant de rejoindre notre hôtel à Guagno les bains. Le groupe de quatorze marcheurs et deux accompagnateurs se découvre et très vite la convivialité et la sympathie domine.

Lundi matin, première randonnée dans la vallée des deux Sorru et les villages de Poggiolo, Orto et Soccia. Les marches ne sont pas acharnées mais ponctués de pauses baignades dans les rivières de montagne, l’eau et un peu fraîche il est vrai mais elle fait du bien tant la température de l’air est élevée.
Julien, le guide, est un passionné de l’île, ses montagnes, ses rivières, ses sentiers et nous fait volontiers partagé son enthousiasme non sans succès. Ici un fumoir à châtaigne, là des bruyères arborescentes, des arbousiers, tantôt un brin d’histoire. Il est intarissable.

Mardi c’est sur un chemin de tradition pastorale que nous marchons, croisant vaches et troupeau de chèvres sur le sentier nous conduisant à la Chapelle Sant’Eliseu, culminant à 1 500 mètres d’altitude, avant de redescendre vers le lac de Creno, seul lac boisé de Corse, bordé de nénuphars.
Changement de décor ensuite en rejoignant roches et rivières.
C’est à proximité d’une bergerie que nous pique-niquons mais la pause digestive sera aussi brève que le ciel est menaçant. Fort heureusement, les capes de pluie resteront au fond des sacs et les coupe-vent ne seront sortis que pour la forme.

La marche suivante, entre Soccia et Letia Saint-Roch sera ponctué par un cours d’histoire corse lié à celle de Pascal Paoli, personnage emblématique du dix-huitième siècle qui écrira l’une des premières constitutions au monde.

C’est déjà la fin de la première partie du séjour, et laissons derrière nous les paysages époustouflant du maquis, ses forêts, rivières, montagnes, pâturages.

Après une pause bistrot dans le village d’Evisa, nous rejoignons la côte et le Golfe de Porto. Le décor est bien différent sur cette route où nous croisons quelques cochons en liberté.

L’invasion génoise du onzième siècle est très présente où de nombreuses tours d’observations dominent encore la côte. Jeudi, nous rejoignons le Capu Rossu pour rejoindre à pied la Tour de Turghiu. Pour ce faire nous traversons les calanches de Piana et ses roches d’origine volcanique aux formes et couleurs insolites.

Le retour de la marche du jour sera marqué par une petite erreur de trajectoire, je tairais le nom de la responsable par respect de l’omerta locale traditionnelle, d’autant que le détour n’a rallongé que de sept hectomètres à peine si j’en crois les données de ma montre satellitaire. Néanmoins, le prétexte fut pris pour se remettre de ses émotions avec un mojito sur un bar de plage quelques heures plus tard.

C’est déjà le dernier jour !

C’est par une promenade en bateau que nous achevons notre circuit. Au départ de Porto, nous faisons une brève escale au port de Girolata, ancien fief de Barbe Rousse, puis nous longeons la magnifique réserve naturelle de Scandola, classée ainsi en 1975, près de deux mille hectares entre terre et mer rendu entièrement à l’état sauvage et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Avant de nous quitter, une dernière marche dans les callanches de Pina pour l’apothéose du décor, pour clôturer une semaine de rêve, moins de deux kilomètres pour la parade.

Et comme il faut bien se quitter, nous nous embrassons après un dernier pot et l’échange des adresses de messagerie. Sans larmes mais avec le souvenir d’une semaine que je n’ai pas vu passé.

De retour à Ajaccio, je passe la dernière soirée avec quelques amis du groupe encore sur place, j’écris deux cartes postales et bois une dernière Pietra.


C’est certain, mon premier séjour ne sera pas le dernier !








jeudi 25 août 2016

SEMAINE ROANNAISE


Au lever du jour, je découvre l’extérieur de mon gîte. Une terrasse fleurie, un jardin herbeux bordé de quelques pommiers, une large prairie en contre-bas dans laquelle paissent nonchalamment quelques bovins et, plus loin, le clocher de l’abbaye de la Bénisson Dieu (tout un programme), édifice cistercien du douzième siècle. La brume s’évapore lentement du pré tandis que le soleil se lève donnant au site des couleurs orangées et un spectacle naturel époustouflant.


Mon fils Daniel arrive en voiture dans la matinée, tandis que le troisième larron de ma progéniture n’a hélas pu nous rejoindre. Ce midi-là, donc, je déjeune avec mes deux fils présents, ces moments sont si rares que je les savoure intensément. Nous avons choisi une taverne proche de la mairie de Roanne afin d’accueillir les mariés à l’heure dite. Ensuite la cérémonie se poursuit à l’église. Une attente de deux heures s’impose qu’il n’est pas raisonnable d’envisager sans se désaltérer et c’est ainsi que la mariée, sa grand-mère et un grand nombre d’invités se sont retrouvés au bistrot d’en face.



A la sortie de l’église, Salomé et Romain sont salués par une pluie de fleurs de lavande minutieusement préparés par leur Mamie Françoise.

Tout cela donnant soif puisqu’il s’était écoulé du temps depuis le bistrot avant l’église, que la communion se fait rarement sous les deux espèces et d’ailleurs je ne communie plus dans les églises depuis fort longtemps, il était temps d’abreuver les convives par quelques coups de muscadet tout en procédant à quelques photos de groupes familiaux ce qui n’est pas simple dans les fratries à rallonge telles que la nôtre.

Puis les convives abreuvés eurent faim (enfin presque), et c’est à la salle des fêtes communale de Noailly qu’eut lieu la suite des festivités, cela expliquant mon obstination à trouver un logement sur cette commune.

Le repas nuptial fut ponctué d’intermèdes musicaux, des chansons, des jeux, interprétés et animés par différents invités avant de laisser place au disc-jockey.
Finalement, il y a peu de temps que je m’amuse dans les soirées dansantes. Avant cela m’ennuyait, désormais j’ai plaisir à voir les jeunes danser sur les tubes de Claude François ou Téléphone, les anciens bouger sur de la musique techno et même les électeurs de droite se remuer sur Trust en braillant « An-ti-so-ciaaaaaaaal » !

Dimanche et lundi les départs se succèdent mais nous sommes encore nombreux sur place et allons près de Roanne pour un pique-nique familial.

A partir de mardi, sur les conseils avisés de Salomé, régionale de l’étape, et guidé par le manuel du randonneur roannais, je pars de bonne heure en solitaire vers le lieudit « La Croix du Sud », puis l'après-midi au village de Saint-Alban Les Eaux dans « Les gorges du désert ». Sur le plan esthétique la nièce avait vu juste, entre le lavoir du village et son buste à tête de lion, la rivière que nous longeons jusqu’à la cascade et la vue magnifique du point culminant sur les monts roannais.

Après la transpiration d’une marche estivale, un rafraichissement s’impose. Le projet nous conduit à Saint-Haon-le-Châtel, où la fête médiévale des jours passés est encore marquée par sa décoration. Aux coins des rues, devant les habitations et les rares commerces, quelques marionnettes représentant les personnages de l’époque célébrée animent encore le bourg. Devant le breuvage désaltérant, nous bavardons avec les convives de la table voisine un ancien musicien devenu peintre, Miguel ALCALA, et sa nièce danseuse de Flamenco.

Mercredi, notre emploi du temps permet un départ pour la journée. C’est du village de Saint-Rirand que débute notre marche vers le plateau de la Verrerie. Certes, la montée est rude mais la marche vaut le déplacement. Nous traversons hêtraies et forêts pour atteindre la borne marquant la limite entre la Loire et l’Allier, et par conséquent les régions Rhône-Alpes et Auvergne, je franchis donc symboliquement cette frontière avant que le chemin nous mène sur le plateau dans la lande où nous dégustons quelques myrtilles sauvages sur le plateau à 1000 mètres d’altitude. Par temps clair, vue sur le Mont-Blanc et le Puy de Dôme dit le manuel, nous n’aurons pas cette chance. Après quelques problèmes de balisage que je tâcherais de ne pas omettre de signaler au rédacteur du manuel, la descente se fait par une piste abrupte et glissante, un peu moins agréable.

Comme le veut l’usage, nous partons ensuite en quête d’un estaminet, hélas le commerce du rafraîchissement dans la région n’est pas florissant et le bar de Noailly est banni depuis le premier jour après un incident de malamabilité de la tenancière, notre quête de breuvage s’achève finalement chez la couturière du village de Bénisson-Dieu par l’emplette de quelques boissons fraiches annoncées depuis la route !



vendredi 14 août 2015

QUELQUES JOURS SUR LES CIMES

Pour ces quatre jours, le programme était assez simple : Randonnée le matin, retour dans l’après-midi, bière en terrasse et tarot jusqu’au soir.

A deux reprises, la route de la Bonette fût le point de départ de nos marches, une première fois en direction du Col de Fer marquant la frontière franco-italienne avant de redescendre vers le lac de Vens. La seconde marche nous conduisait au col de l’Alpe par le GR56 après avoir longé la crête de Blanche sur un sentier à flanc de montagne particulièrement abrupte et peu rassurant pour qui, comme moi, appréhende le vide.

Au départ d’Auron, le troisième jour, nous rejoignons la croix de Bercha par un sentier raide dont nous découvrons après coup qu’il est en hiver une piste noire pour skieurs ! Prudents, nous ferons la descente par le versant opposé de la montagne, moins spectaculaire, certes, mais ô combien plus sereine.

Pour le quatrième jour, la ballade se fait dans la vallée de la Tinée, partant du village perché de Marie vers la pointe de Clamia.

Le paysage du Mercantour, de sentier pierreux en chemin de crêtes, de forêts de mélèzes en prairies de pâturages, de bergeries en forts militaires bâtis sur les pics, de cascades en ruisseaux et aussi une faune particulièrement riche. Ainsi, au cours de nos diverses pérégrinations nous aurons eu le loisir d’observer quelques marmottes, lever les yeux sur le vol d’un aigle (1) et croiser, très furtivement, la route d’un chamois.

Lac de Vens

deux randonneurs connus


La Tinée vue du village de Marie

(1) D’après nos recherches, la tête blanche et la très grande envergure des ailes pourrait correspondre à la description du gypaète barbu, mais sa réintroduction est très récente dans le Parc National

jeudi 6 août 2015

LES LUTINS MALÉFIQUES DU PLATEAU DE CALERN

Deuxième randonnée de la semaine, jusqu’au plateau de Calern, au départ de Cipières. La chaleur est au rendez-vous et ma réserve d’eau s’avérera tout juste suffisante. La montée se fait par le GR4 et le hameau de Calernet. Au sommet, un vent léger est le bienvenu. L’aven de Baudillouns permet aux spéléologues de s’adonner à leur passion au travers de multiples méandres et galeries jusqu’à -433 mètres !

Je vais jusqu’à l’observatoire du CERGA d’où la vue sur la plaine de Caussols est, dit-on, admirable. Mais après la solitude de l’heure passée à monter, je suis gêné par la présence des bâtiments de l’observatoire et le sommet de la falaise ne montre pas le village de Caussols mais juste une route. Je repars en laissant le site à quelques parapentistes et autres amateurs d’aéromodélisme.

En reprenant ma route, je croise quelques lutins, vêtus de tuniques blanches portant chapeaux pointus et masques, je les observe s’agiter autour de celui qui, plus grand que les autres, semble être le chef. Peut-être s’agit-il d’un groupe d’enfants écoutant avec attention les explications d’un apiculteur, mais je n’écarte pas l’hypothèse des lutins qui est tout à fait crédible.

Lors du retour sur Cipières, je perds la trace du sentier balisé (sans doute l’action des lutins du plateau), mais je déjoue facilement leur plan maléfique grâce à ma montre magique, dotée d’une boussole m’indiquant la direction à prendre pour rejoindre mon point de départ.


Il me fallait bien une bonne bière pour me remettre de mes émotions.

Indice rassurant en cours de randonnée

Indice de fin de randonnée


mercredi 5 août 2015

COL ET TUILES

Le programme de la première randonnée de l'été me conduit à Vence pour une sortie en VTT. Du col de Vence, je rejoindrais Saint-Barnabé, puis Coursegoules et retour au col. Chemin faisant, je me dis que je pourrais bien faire l’ascension. Dès que possible, je gare ma voiture et part à l’assaut des six derniers kilomètres.

Pourquoi donc s’infliger cette montée imprévue, me diriez-vous ? Pour le seul plaisir de le redescendre à vive allure, tout simplement !

Le hameau de Saint-Barnabé se rejoint par une petite route bitumée, la suite du parcours est sur sentiers et pistes. Parfois, bien que les montées ne soient pas si raides, les cailloux et racines sur le sol m’obligent à mettre pied à terre. Quelques doutes sur l’itinéraire parfois, quelques demi-tours de temps en temps, font partie de jeu de piste dans lequel je ne me sors pas mal.

Après la forêt de Garavagne, et alors que je me disais que la prochaine zone ombragée pourrait-être le lieu idéal pour mordre dans mon casse-croute, je sens un insecte dans mon casque. Je prends peur, fais un geste incontrôlée pour retirer mon casque et c’est la chute !

La surprise passée, et sans piqure d’insecte, je repars sur mon chemin en restant prudent sur la descente caillouteuse jusqu’à Coursegoules et ma pause déjeuner.

Le village reculée, vu de la piste, mérite une photo. Je m’arrête pour immortaliser l’instant, cherche mon téléphone, en vain. Je n’ai plus de téléphone.

Je reviens sur mes pas, surveillant bien le sol pour tenter de voir l’indispensable appareil. Je le retrouve mille trois cent mètres plus loin -et plus haut puisque la descente est devenue montée- à l’endroit précis de mon gadin !

Enfin le cliché peut se faire, et je poursuis mon périple par une petite route qui devient sentier avant de rejoindre la départementale, quelques hectomètres avant le Col de Vence.

Puis c’est la descente asphaltée jusqu’à ma voiture, une récompense après l’effort de la montée, six kilomètres avalés en une poignée de minutes, juste pour le plaisir.

L'autre plaisir post-randonnée indispensable consiste à s'asseoir dans le premier bistrot venu pour se désaltérer d'une bonne pression bien fraîche.

Le lendemain soir, j’ai la surprise de retrouver un pneu de mon vélo à plat. Après démontage, il y a un trou de quatre centimètres dans la chambre à air ! Pourtant, il n’y avait rien quand j’ai fini la randonnée de l’avant-veille, aucun corps étranger dans le pneu, et la lacération est sur l’intérieur de la chambre, du côté qui est sur la jante. Mystère !


Demain, je devrais faire emplette dans un magasin de sport.

Coursegoules (tout ça pour ça !)



mardi 19 août 2014

QUELQUES JOURS EN FAMILLE

Pour la deuxième fois de ma vie, c’est la génération d’après qui se marie ! Ainsi va le temps. Le Maire du village, récemment élu, n’est pas peu fier de sa mission. Le prêtre, plus habitué à l’exercice s’efforcera de faire régner sèchement l’ordre dans l’église bondée, lorsque le fou rire prend l’assemblée au moment où un des lecteurs se trompera de texte. L’orchestre d’amis remettant la bonne humeur rapidement. La musique, c’est bien connu, apaise les hommes.

les mariés, avec une flopée de cousins

Le repas est ponctué d’animation vidéo et de diaporamas sur les tourtereaux, puis, plus tard, l’orchestre prend le relais jusque tard dans la nuit. Je rentre juste après la tradition vendéenne de danse de la brioche, sorte de farandole sous un plateau en bois tenu par deux porteurs et orné de la spécialité locale d’un bon mètre de diamètre.

Malgré la noce et les excès de table je garde à l’esprit l’approche du Marathon de Berlin. Le plan d’entraînement prévoit une sortie longue de deux heures ce dimanche, incluant deux fois quatre mille mètres à vitesse marathon. Le vent fort de ce dimanche me fera renoncer en remplaçant cette sortie par un simple footing.

En revanche, à Saint Gilles Croix de Vie, les vagues de l’océan sont suffisamment hautes pour se baigner en jouant. Moi qui, dans la Méditerranée, m’ennuie souvent, je prends longuement plaisir avec nièces et neveux à sauter dans les rouleaux d’eau. Après plus d’une heure de jeu aquatique, je peine à regagner le bord, lorsque je refais surface une autre vague me recouvre, je me suis laissé emporter et n’ai plus pied. La panique me prend et l’effort durera plusieurs minutes avant de rejoindre enfin la plage. Après cette frayeur, je ne quitterais plus le sable sec !

Nous quittons le gîte vendéen pour quelques jours en famille. Dès mon arrivée à la maison maternelle, je pars pour ma sortie longue écourté la veille avec la ferme intention de mener à bien mon programme d’entraînement. Courir deux heures se fait sans difficulté, mais inclure une cadence d’entraînement se trouve être une autre paire de manches. Cette fois ce n’est pas tant le vent qui est en cause. La diététique festive freine clairement mes capacités à tenir un rythme !

Dès le lendemain, le footing est prévu à huit heures trente précises, pour seulement trente-cinq minutes. Il n’est certes pas prévu mais ma filleule Jeanne avait très envie de courir avec son tonton-parrain-marathonien-entraineur qui au passage donne quelques conseils.

Le reste de la journée se passe à Nantes où je dois circuler avec un GPS dans la ville devenue inconnue où j’ai vécu les vingt et une premières années de ma vie. Après un déjeuner chez mon frère ainé Bruno, nous entreprenons une balade à pied le long de la Loire. Mon guide me parle avec enthousiasme de l’aménagement urbain réussi de la ville. Le quartier Malakoff, jadis miteux est devenue une cité agréable à vivre, le péage nature est un clin d’œil au projet avorté d’autoroute urbaine devenu un espace d’observation horticole. Quant à la friche industrielle prolongeant la rive, elle est aujourd’hui un quartier d’affaire moderne, où se situe notamment le palais de Justice. Quelques vestiges des docks et du port décorent un lieu de promenade et de loisirs.

Suivront plusieurs journées de plages, pour l’occasion et la première fois, mon fils Daniel est mon chauffeur. Un nouveau signe du temps qui passe....

Le vent fort incite à sortir les cerfs-volants et les enfants s’évertue à les maintenir le plus longtemps possible en l’air en décrivant quelques figurent bien que la chose ne soit pas aisée. Sur l’eau, de nombreux kitesurf complètes le patchwork de couleurs sur fond bleu et blanc du ciel.



Après avoir couru une improbable série fractionnée de dix fois quatre cent mètres, je rentre seul à la maison par le marais en me disant que je n’y ai pas vu de héron depuis bien longtemps. C’était sans compter sur la rencontre insolite qui allait suivre.

Au milieu d’un champ, à deux pas de la maison, une cigogne nonchalante régnait sans savoir l’incongrue admiration quelle provoquait ! Je restais là de longues minutes à observer l’oiseau plus régulièrement observée sur les toits alsaciens, jusqu’à ce qu’elle s’envole décrivant de larges cercles au-dessus de ma tête, comme pour saluer son public.

Jeudi, en fin de matinée, sur le marché de Saint-Brévin, une jeune femme déclame un poème de Victor Hugo, puis une enfant récite une comptine, suivi d’un jeune allemand. Certains passants s’arrêtent écouter ce flash mob poétique, auquel je ne me joindrais pas malgré les sollicitations (parfois insistantes). Je ne suis manifestement pas fait pour la scène.

Les jours passent et la semaine est longue, mon amoureuse me manque, j’ai hâte d’être au lendemain soir…