La métaphore exposée par l’exemple
dans mon précédent billet, fait parfois ressortir des expressions plus ou moins
poétiques et j’ai recensé moult façon d’exprimer son désintérêt.
Si certains s’en battent les
couilles, et fort heureusement pour eux la métaphore les sauvent d’une atroce
souffrance, d’autres préfèrent s’en battre les couettes ou les rouflaquettes ce
qui, j’en conviens, est plus distingué.
Il semble moins violent de s’en tamponner l’oreille avec une babouche,
le coquillard avec des tibias de langouste ou la nouille avec une pelle.
Nombre aussi choisissent de
n’en avoir rien à battre, à cirer, voire à branler, ce qui est surprenant dans
le sens où il n’est pas très flatteur d’exprimer ne pas être doté d’un organe
permettant cette activité manuelle. Mais je n’en ai cure (très chic).
On s’en soucie également
comme de l’an quarante, de sa première chaussette, chemise, pantoufle ou
culotte. N’importe quel vêtement fera l’affaire.
Dans la littérature Proust s’en
fiche comme de colin-tampon : "Mais qu'il soit Dreyfusard ou non, cela m'est parfaitement égal puisqu'il est étranger. Je m'en fiche comme de colin-tampon" (A la recherche du temps perdu), et à au
moins deux reprises Georges Brassens reprenait l’expression, dans la chanson « Jeanne »,
vidéo ci-dessous, mais aussi « Le vent s’en soucie, et c’est justice,
comme de colin-tampon » (Le vent).
L’un de nos anciens
présidents de la République avouait en privé que cela lui en touchait une sans
faire bouger l’autre, mon frère ainé affirmant que notre daron avait fait usage
de cette expression bien avant le successeur de Tonton et prédécesseur d’on
sait qui, désormais revenant.
Plus fréquemment, feu notre
papa, s’en badigeonnait le nombril avec le pinceau de l’indifférence. J’ai
relevé ici et là des expressions similaires en remplaçant le nombril par les
testicules, qui sont décidément misent à l’épreuve dans le sujet du jour.
Ce passionnant sujet n’est par conséquent pas tranché.
Je conclurais par une expression qui s'appliquerait volontiers à l'actualité politique de ces dernières semaines (de Frangy en Bresse à coucou me revoilou -hier soir- en passant par le phobique) : Le train de la connerie roule sur les rails de mon indifférence.
PS : un blogueur à précédemment traité du sujet, voir sur ce lien, je ne vais pas m'attribuer son boulot
Selon Gogole Images, ce dessin est en rapport avec notre sujet |
Détail amusant, en cherchant une illustration pour ce billet, je tombe sur le dessin d’un blogueur ami. Voir sur ce lien
Vas-tu mettre cela dans "Poésie du monde: les plus beaux poèmes & poésies du monde" ?
RépondreSupprimerOs nos in soucions comme ed l'in quarante o d'not premiére keuchette, et os nos in souvnons comme ed not premiére vérole.
RépondreSupprimerCh'ti qu'o rin à brinler put truvoèr un tor et voulor l'brinler. Bin corage à li.
RépondreSupprimerPère signalait également parfois qu'une chose lui était "parfaitement équilatérale", ce qui dénote des notions de géométrie euclidienne insoupçonnée.
RépondreSupprimerJe confirme pour la sélectivité testiculaire.
Et notre oncle, qui lit aussi Pierre Dac (qui fut incinéré au Père Lachaise ainsi que je l'ai appris cette dernière fin de semaine), Michel donc, m'a récemment indiqué que, dans la version originale, ce n'est pas le nombril mais l'anus que l'on se badigeonne avec le pinceau de l'indifférence. Pour le reste, je suis d'accord, ne change rien.
PS: c'est quoi en fait un colin-tampon? Apparemment ce n'est pas une chose mais le héros d'un roman de la fin du XIX.